Trouver un logement accessible aux personnes à mobilité réduite (PMR) peut s’avérer complexe.
Si la norme PMR (Personnes à Mobilité Réduite) pose des bases essentielles, elle ne répond pas toujours aux besoins réels de chaque personne en situation de handicap. L’accessibilité doit être envisagée sur mesure, en fonction des contraintes et des attentes individuelles.
Dans cet article, nous verrons quels critères doivent être vérifiés pour un logement véritablement accessible et comment l’accompagnement par des professionnels de l’accessibilité peut faire toute la différence.
Nous comparerons également l’accessibilité entre un appartement et une maison.
1. La norme PMR : une base qui n’est pas toujours une garantie d’accessibilité totale
La norme PMR, fixée par la réglementation française, impose certaines caractéristiques minimales aux logements neufs et aux parties communes des immeubles :
- Portes et passages d’au moins 80 cm de large,
- Absence de marche à l’entrée,
- Salles de bain et toilettes adaptables avec espace de retournement,
- Ascenseur obligatoire pour les immeubles de plus de trois étages,
- Stationnements PMR dans les copropriétés et résidences.
Si ces critères permettent une accessibilité minimale, ils sont souvent insuffisants.
Chaque personne en situation de handicap a des besoins spécifiques : certaines ont besoin de barres d’appui à une hauteur précise, d’autres d’un plan de travail réglable en cuisine, ou encore d’une salle de bain entièrement repensée.
Un logement conforme à la norme PMR peut ainsi rester inadapté à une personne en fauteuil roulant ou souffrant d’une maladie évolutive.

2. Les véritables critères d’un logement accessible PMR
Au-delà de la norme, voici les points à vérifier pour qu’un logement soit vraiment accessible et fonctionnel :
Accéder et circuler dans le logement
- Une entrée de plain-pied ou un ascenseur spacieux permettant les manœuvres avec un fauteuil roulant.
- Des portes coulissantes ou larges (90 cm minimum).
- Une absence de seuils ou des rampes intégrées.
- Des couloirs suffisamment larges pour permettre un demi-tour en fauteuil (1,50 m de diamètre minimum).
Une salle d’eau et des toilettes adaptées
- Une douche à l’italienne sans rebord et un espace suffisant pour un transfert en fauteuil.
- Des barres d’appui solides au bon emplacement.
- Un lavabo suspendu, accessible en position assise.
- Une hauteur de toilettes ajustable ou un modèle suspendu facilitant le transfert.
Cuisine et espaces de vie
- Un plan de travail et un évier ajustables en hauteur.
- Des placards bas ou à ouverture facilitée (sans poignées difficiles à saisir).
- Un espace de vie permettant de circuler sans encombrement.
Des aménagements rarement présents dans les logements existants
Dans l’ancien, il est souvent complexe de retrouver ces équipements ou de les installer, notamment en raison de la structure du bâti qui ne permet pas toujours des modifications suffisantes.
3. Maison ou appartement : quel bien est le plus accessible PMR ?
La maison individuelle : avantages et inconvénients
Avantages:
- Possibilité d’adapter entièrement l’espace sans contraintes de copropriété.
- Stationnement privatif et accès direct facilité.
Inconvénients :
- Les maisons anciennes ont souvent des marches, des couloirs étroits ou des escaliers.
- Un ascenseur privatif est coûteux si la maison a plusieurs niveaux.
L’appartement : avantages et inconvénients
Avantages :
- Situé souvent en centre-ville, proche des commodités et des transports.
- Des immeubles récents respectant la norme PMR.
- Ascenseur à vérifier : la cabine doit être assez grande pour un fauteuil.
Inconvénients :
- Accès aux parties communes parfois mal pensé (marches, interphone trop haut).
- Certains travaux demandent l’aval de la copropriété (casser un mur porteur, installer de la domotique dans les parties communes, installer une rampe d’accès…)
Conclusion :
- Une maison de plain-pied reste souvent l’idéal si elle est bien conçue.
- Un appartement neuf est plus facilement accessible qu’un ancien immeuble.
- Chaque cas étant unique, il faut étudier l’adaptabilité en fonction du profil de l’occupant.
4. L’importance d’un accompagnement par un ergothérapeute
Un ergothérapeute peut être un allié précieux pour identifier les besoins réels d’adaptation d’un logement. Il peut :
- Analyser le logement en fonction du handicap,
- Proposer des aménagements personnalisés,
- Optimiser l’espace et la circulation pour un confort maximal,
- Aider à l’obtention d’aides financières pour les travaux d’adaptation.
Son regard professionnel permet d’aller au-delà des normes pour concevoir un espace vraiment fonctionnel et sécurisé.
Conclusion
Trouver un logement PMR ne se limite pas à la norme PMR.
L’accessibilité doit être évaluée de manière personnalisée, en fonction du handicap et des besoins réels de la personne. Une vérification attentive des critères essentiels (accès, circulation, salle de bain, cuisine) est indispensable.
Que vous envisagiez d’acheter ou de louer, une approche sur mesure vous garantira un logement véritablement fonctionnel et confortable. Pensez à anticiper ces besoins dès la recherche pour éviter les mauvaises surprises !
Et vous, quels sont les obstacles que vous avez rencontrés en cherchant un logement accessible ?
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